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19 octobre 2005

Gravure de la Semeuse de Roty/Jumelet

Contrairement au timbre mobile dont la virole d'impression a été confectionnée suivant la méthode classique (par molettage), la virole de la gravure et du document philatélique officiel a été réalisée par transfert électromécaniqe (dite gravure "numérique").

Celà a déjà été dit dans Timbres Magazine, mais quelques précisions peuvent être apportées.

Tout d'abord, où regarder en priorité ? Au niveau des signatures ! Pour des raisons de droits d'auteur (ou plutôt pour limiter leur portée) les poinçons originaux ne présentent pas les signatures du graveur ou du dessinateur. Les épreuves d'atelier avec marque à sec de l'imprimerie ne présentent plus de signature depuis 1959. On sait que la numérisation nécessaire à la gravure électromécanique se fait sur une épreuve d'atelier ou directement avec le poinçon encré, donc sans signature. Donc les signatures de la gravure classique sont gravés sur le poinçon, alors qu'elles sont ajoutées sur l'image informatique pour la gravure électromécanique.

Voici le bas des 3 Semeuse :

  1. L'épreuve d'atelier
  2. Le timbre émis en carnet
  3. La gravure
On note des différences significatives dans les lettres des signatures : en particulier le J de JUMELET est plus large. Dans le cas du timbre émis la signature est une opération manuelle, donc d'une part les lettres sont moins régulières mais d'autre part elle occupe mieux l'espace dans les cartouches. Dans le cas de la gravure la retouche informatique a été sans doute faite en utilisant des polices de caractère informatiques, d'ou la régularité des lettres.

D'autres différences apparaissent.

On note que les rayons du soleil à droite d'arrêtent à la marge sur le timbre de carnet alors qu'ils continuent (un peu) après la marge pour la gravure. De plus, le L et de A de LA POSTE se rejoignent dans le premier cas alors que ces lettres sont disjointes dans le second.

Comment l'expliquer ? Par des retouches ayant eu lieu sur l'image informatique. Mon hypothèse est que l'image est vectorisée : c'est une opération qui consiste à passer d'un tableau de points à un ensemble de formes géométriques. Par exemple une ligne n'est plus définie par un ensemble de points mais par une direction, une longueur et une épaisseur. La vectorisation d'une image est un technologie imparfaite, il est tout à fait possible que les rayons de soleils légèrement plus long soit un résultat de cette opération. L'avantage de la vectorisation est de présenter un dessin plus net car cela revient à lisser le dessin.

A noter aussi que la différence entre les lignes horizontales (le fond "azuré") du haut et du bas ne sont pas aussi prononcées sur la gravure : on peut penser que à un manque de précision de la gravure électromécanique, mais il n'est pas exclu que la qualité du papaier (et en particulier la porosité de la surface) joue en rôle peut-être supérieur.

La suite : Semeuse de Roty/Jumelet non-émise ?

25 avril 2012

Gravure industrielle vs gravure artisanale

Carton où sont collés le timbre émis et 
une gravure similaire d'Eugène Lacaque
 Le timbre émis de Pierre Albuisson
 La gravure de Lacaque
Détail du timbre
Détail de la gravure

Eugène Lacaque a gravé dans les 600 timbres, mais finalement assez peu pour la France. Il détient le record du nombre de traits au millimètre carré (78 !).

Sur cette gravure similaire à un timbre émis gravé par Pierre Albuisson, on voit bien le niveau de détail bien plus élevé de Lacaque.

La comparaison n'est cependant pas juste pour Albuisson, qui a fait un timbre destiné à être imprimé sur les presses industrielles de Périgueux, alors que la gravure de Lacaque a été tirée manuellement sur une presse à bras.

Depuis la mise en place de la gravure numérique, les contraintes sont sans doute encore plus importantes pour les graveurs, avec la perte de la possibilité de faire varier les profondeurs des tailles.


On connait un certain nombre d'exemples de timbres qui ont du être gravés plus "grossièrement", à commencer par la Semeuse où le passage de l'épreuve à la production n'a pas été possible, et pourtant à l'époque c'était de la typographie à plat dans les 2 cas.
 

Pour comparaison, photographie issue de Wikipedia
de la Mise au tombeau de Ligier Richier
situé à l'église Saint-Etienne de Saint-Mihiel.

Eugène Lacaque a gravé l'un de mes timbres favoris, l'Hermès dicéphale de Fréjus.

23 juin 2006

Gravure presse a bras de Gandon

En vente au salon du timbre et de l'écrit (8 euros), une gravure de Gandon représentant une presse à bras. Il s'agit donc d'une gravure assez ancienne que l'imprimerie de Périgueux continue d'utiliser. La cuvette (zone en creux sur le papier) montre une impression à plat (même si ce critère a parfois été simulé pour des cadeaux aux abonnés par correspondance).
Détail de la gravure : il est amusant de constater que cette gravure a sans doute été imprimée sur une presse tout à fait similaire à la presse représentée par cette gravure...
La presse à bras en démonstration au salon du timbre : la gravure (ou le poinçon du timbre-poste) est placée dans le cadre à plat, la feuille de papier est pressée par le cylindre qui applique une forte pression.

Une reproduction de cette gravure est parfois utilisée comme emballage des épreuves d'ateliers remises aux graveurs, ayant-droits, dessinateur, ...

22 décembre 2005

La taille-douce en France : polemique

J'ai eu envie de prendre le contre-pied du discours actuel sur la gravure en taille-douce avec une thèse simple : le développement des émissions de timbre-poste en taille-douce passe nécessairement par l'adoption généralisée de la gravure électromécanique !

La taille-douce en France : timbres et philatélie

Si le nombre de timbres-poste en taille-douce a diminué régulièrement en France, le nombre de gravure taille-douce en général est plutôt en augmentation ! En effet, le nombre de timbre a une certaine tendance à augmenter : même en ne conservant que les nouvelles figurines (c'est-à-dire sans tenir compte des différentes présentations : feuille, roulette, carnet(s), bloc-feuillet, feuillet, feuille et entiers postaux, ...). Or chaque nouveau timbre - ou presque - fait l'objet d'un document philatélique officiel (DPO) et d'une « gravure » qui n'est qu'un sous-produit (au sens de la fabrication) du DPO.

Or un document philatélique officiel, quel que soit le mode d'impression du timbre ou de la série de timbres dont il fait l'objet, comporte en plus une version gravée de ces timbres et une illustration généralement en taille-douce. La taille-douce en France c'est donc surtout le DPO ! La production de timbre n'est en fait qu'accessoire (s'il n'y avait aucun timbre-poste émis en taille-douce, cela ne diminuerait pas le nombre de versions gravées !).

Le danger pour la gravure en France n'est donc pas dans la réduction des timbres gravés, mais dans la réduction des versions gravées et des illustrations réalisées en taille-douce par des graveurs : c'est dans ces documents que la GAO (Gravure Assistée par Ordinateur, où aucun poinçon n'est gravé) a commencé et se développe de manière importante (et en particulier pour les illustrations), bien plus que pour les timbres émis où cela ne concerne que les Marianne :

  • la Marianne de Briat (3 valeurs)
  • les Marianne de Luquet « La Poste » et « RF » (toutes les valeurs)
  • la Marianne de Lamouche (toutes les valeurs)
  • la Marianne de Luquet « fond mondial/de lutte/contre le sida/la tuberculose/et le paludisme » et la Marianne de Lamouche « Solidarité Asie » ont leur vignette réalisée en GAO.

Le DPO de la dernière émission de la Marianne de Briat :
son illustration et les textes est en GAO (dès 1996 !),
les Marianne imprimées sur le document restent issues d'une image
du poinçon mais les faciales ont été ajoutées informatiquement.

Le document philatélique officiel souffre depuis quelques années, ses ventes sont en baisse. Sa disponibilité est réduite depuis qu'il n'est plus en vente dans les 200 points philatélie : il ne reste disponible qu'à l'occasion des « Premier Jour », par correspondance et sur internet, ainsi que sous forme d'abonnement annuel avec un prix fixe pour l'année : cette forfaitisation a encouragé La Poste à ne plus faire systématiquement de DPO : il n'y en a pas eu pour les timbres autocollants Marianne d'Alger ou Marianne de Dulac par exemple, ni pour les nouvelles valeurs de la Marianne de Lamouche.

Il souffre certainement d'un manque de communication : la presse philatélique ne se fait pas l'écho de ces documents, présenter les illustrations avec l'annonce des nouveautés ferait beaucoup pour populariser cet document (mais La Poste diffuse-t-elle cette information ?).

L'achat auprès de La Poste de ces documents est une très mauvaise affaire financière. Le prix de vente de ces documents est actuellement entre 5 et 10 euros. Or ils se revendent très mal dans les bourses même à un prix compris entre 0,30 et 1 euro ! Le fait qu'ils soient très sur-cotés dans certains catalogues provoque d'immenses déceptions quand un collectionneur désire revendre 10 ou 20 ans de document et s'aperçoit des prix d'achats qu'il peut espérer (auprès d'autres collectionneurs, les marchands n'en veulent pas !).

Mais il suffirait d'un frémissement pour que tout change : les tirages ne sont après tout que de l'ordre de celui du bloc rouge-gorge, donc il suffirait qu'un faible pourcentage des philatélistes s'intéresse aux DPO pour que le marché s'inverse... Mais pour cela il faut mettre en avant ce document !

La taille-douce classique est-elle meilleure que la taille-douce électromécanique et la GAO ?

La réponse du point de vue artistique est clairement oui ! Le talent des graveurs fait toute la différence : un trait sûr, une maîtrise des profondeurs des tailles,... En taille-douce électromécanique un trait est un ensemble de petits points sérés, d'où un résultat à priori plus flou mais en pratique nettement meilleur qu'aux débuts de cette technique (sans doute du à une plus grande finesse de la pointe de diamant qui vient percuter le métal cassant de la virole). La profondeur des traits est uniforme : un problème induit est qu'elle impose des tailles d'une certaine largeur, alors que le graveur peut faire des tailles plus fines (et moins profondes).

D'ailleurs, le TVP Marianne de Luquet RF et le TVP Marianne de Lamouche existent en taille-douce classique, parce que la Semeuse de Roty-Jumelet et la Marianne de Dulac-Larrivère dont ils partageaient un carnet ne donnaient pas de bon résultats en taille-douce électromécanique.

Mais si c'est vrai dans l'absolu, ça ne l'ai pas forcément dans la pratique. La Marianne de Lamouche (ou Marianne des Français pour utiliser la terminologie officielle) n'a pas nécessité une gravure subtile. Même la Marianne de Luquet (ou Marianne du 14 juillet) n'a pas un aspect particulièrement plus mauvais quand les viroles sont confectionnées par la méthode électromécanique par rapport à la méthode mécanique. La Marianne de Briat, au contraire, avait un aspect dégradé dans sa version numérique, sans doute à mettre sur le compte de la première génération de machine à commande numérique utilisée ; le modèle OHIO était en fait destinée à la confection des cylindres pour l'héliogravure.

La GAO (utilisée ici pour la vignette à droite)
et la confection électromécanique des cylindres
ont permis cette émission dans des délais extrèment cours.
Le graphisme à droite ne nécessitait pas le talent d'un graveur

De plus, on peut supposer qu'à plus ou moins long terme cette technologie encore jeune s'améliore d'avantage : une pointe de diamant plus fine, une gestion de la profondeur des tailles en fonction de leur largeur voire une numérisation en 3 dimensions du poinçon gravé par l'artiste pour que la profondeur des tailles soient restituée.

Une logique industrielle

La Poste est une entreprise, publique certes, mais une entreprise non subventionnée par l'Etat qui doit à minima équilibrer ses comptes (et donc a un objectif de bénéfices). Elle se modernise pour faire face à la concurrence qui sera bientôt totale.

Les abonnements aux nouveautés chutent, donc les rentrées d'argent que lui rapportent la thésaurisation des timbres neufs diminue (elle a en plus à supporter le coût de l'utilisation des timbres émis il y a des années et qui se retrouvent sur le courrier). Or c'est l'argent dépensé par les philatélistes sans contrepartie de service postal qui lui permet de financer la réalisation de timbres de collection bien plus coûteux que les Marianne ! Comme elle a moins de recettes, elle doit diminuer ses coûts de production : l'héliogravure et l'offset coûtent moins cher. La taille-douce électromécanique coûte moins cher que la taille-douce classique. On peut supposer que le coût de réalisation des viroles en taille-douce électromécanique est similaire à celui de réalisation des viroles en héliogravure, après tout c'est la même machine OHIO qui a put servir dans les deux cas !

Donc d'un point de vue industriel, le choix de la taille-douce électromécanique n'apparaît sans doute pas comme disproportionné comme l'est le choix de la taille-douce classique. Ce qui veux dire que la taille-douce électromécanique peut sauver la taille-douce, parce que le choix de ce procédé relève alors d'un choix artistique, là où la taille-douce classique peut ne pas être choisie seulement sur des critères financiers : la taille-douce traditionnelle peut être rejetée sans examen à cause de son coût.

Pourquoi imprimer en taille-douce ?

La première raison du choix de cette technique d'impression est son aspect sécurisé : un timbre en taille-douce ne peut être confondu avec un autre type d'impression, il y a un relief caractéristique. La taille-douce n'est pas un procédé d'impression répandu, en dehors des imprimeries spécialisées dans l'impression sécurisée (billets de banque, titres restaurants, billets de spectacles,... et timbres-poste !) il n'y a pas d'imprimeries dotées d'un outillage industriel en taille-douce. Le fait qu'il s'agissait - avant l'apparition de la taille-douce électromécanique - d'un procédé imposant une gravure manuelle rendait aussi la reproduction difficile : il fallait qu'un autre graveur (et c'est un talent rare) reproduise le plus fidèlement possible le travail du graveur d'origine. Il est quasiment inévitable que des différences mineures apparaissent dans la gravure.

Encore faut-il que le timbre ait besoin de cette sécurité : ce n'est guère le cas des commémoratifs, que la courte durée de vie et la diffusion plus difficile et moins discrète protègent déjà efficacement contre la contrefaçon. C'est le cas des timbres d'usage courant et en particulier du plus diffusé (celui de la lettre simple intérieure, le TVP actuellement). Mais ces timbres ne sont pas toujours assez complexes du point de vue de la gravure pour que la taille-douce soit une protection efficace : la Marianne de Bequet, la Marianne de Briat ou la Marianne de Lamouche ne répondent pas à cet objectif (d'ailleurs, la Marianne de Briat a connu de nombreux faux). Les contrefaçons sont identifiées plus par rapport à leur dentelure, leur marquage phosphorescent ou leur papier que par leur impression.

Le choix de la taille-douce est aussi artistique : ce procédé permet de faire des timbres qui restent magnifiques agrandis (on peut parfois les apprécier davantage comme cela !), et dont le relief donne un toucher particulier. Mais il y a des inconvénients, comme un nombre de couleur limité et des couleurs qui ne se mélangent pas, on obtient une approximation des à-plats en faisant des lignes entrecroisées.

Les inconvénients de la taille-douce peuvent disparaître quand ce procédé est combiné (en particulier avec l'offset). On a le meilleur des deux mondes, les couleurs éclatantes (et éventuellement combinées) de l'offset et la précision du trait de la taille-douce. L'utilisation de papiers couchés donne aussi de bons résultats, il faut saluer l'imprimerie de Périgueux qui a généralisé l'utilisation de ces papiers pendant la fin des années 1990 et grandement amélioré le rendu de ses productions en taille-douce.
TVP vert Marianne de Lamouche (avec un petit décalage de dentelure)
Le cylindre d'impression n'a pas été gravé mécaniquement,
il semble que la presse TD215 "Epikos" utilise un procédé photo-chimique.
Le résultat est très bon, le papier utilisé y est également pour beaucoup !

Par contre, il semble que le choix d'autres procédés soit artistique ou plutôt marketing : le timbre doit se voir, intégrer la modernité nourrie de photographie, d'affiches, de couleurs. Ce choix est discutable, on peut regretter que La Poste ne choisisse jamais par exemple la taille-douce pour les timbres semi-permanent dont la vocation est d'aller vers le grand public. Le timbre se banalise en objet courant, il perd son côté exclusif (que la taille-douce renforce) en adoptant les codes et l'esthétique ambiante.

Conclusion

On peut le regretter, mais l'avenir de la taille-douce dans la philatélie française n'est pas forcément lié à celui des graveurs de timbres-poste. Ces derniers ne sont plus indispensables ; même si leur travail est supérieur à ce que produit les machines, ces dernières produisent un résultat d'une bonne qualité tant qu'on ne regarde pas le timbre à la loupe. Son développement répond à la logique financière de La Poste, représente le progrès technique : il semble inévitable.

Il faut aussi réhabiliter le document philatélique officiel ou inventer de nouvelles présentations : le DPO ne touchera jamais le grand public, là ou par exemple des produits de carterie pourraient le faire : imaginons par exemple des encarts avec une illustration taille-douce et un timbre-poste oblitéré premier jour, inséré avec une feuille de correspondance dans un PAP illustré (en prolongeant l'idée des timbres du quotidien : voeux, anniversaires, ...). Car n'oublions pas que le timbre ne représente depuis longtemps qu'une minorité de l'art de la gravure dans la philatélie française.

La balle est dans le camp de La Poste mais aussi des philatélistes qui peuvent envoyer un message à La Poste en choisissant de préférence les timbres en taille-douce et en achetant les produits artistiques de La Poste, mais aussi de la presse philatélique qui peut faire davantage pour mieux exposer les diverses créations en taille-douce et en particulier le document philatélique officiel.

23 mai 2006

Unique gravure d'un timbre de Slania

J'ai pu examiner un ensemble de gravures de timbres français, et j'ai pu constater qu'il existe une gravure d'un des quatre timbres que Slania a gravé pour la France. Compte-tenu des dates d'émission, c'est l'unique timbre-poste de Slania ayant fait l'objet de ce produit de la poste française.
Exceptionnel défaut de découpe de la gravure du timbre "Hôtel de la Monnaie" gravé par Slania. Le timbre se retrouve décalé vers la gauche.

Le timbre émis en 2 couleurs, sur papier à surface amélioré avec un excellent rendu de la gravure.
La vignette monochrome de la gravure. Le papier (Velin d'Arches pur chiffon) est de très bonne qualité mais l'impression est moins bonne (avec notamment les contours des traits moins nets par capillarité).

A noter que les gravures bénéficient d'un tirage assez important (de l'ordre de quelques dizaines de milliers) mais que les canneaux de distributions sont limités : la poste ne les propose (10,00 francs ou 2,00 euros) qu'aux ventes anticipées (FDC) et par abonnement.

Les timbres français de Slania

05 janvier 2006

Semeuse de Roty-Jumelet non-emise ?


Vous connaissez la Semeuse de Roty-Jumelet émise en 2003 à l'occasion du centenaire des timbres Semeuse sous forme de carnet autocollant mixte avec la Marianne de Luquet.

Voici la version dentelée !

Bon, il ne s'agit pas d'un timbre mais de l'illustration de la notice philatélique de cette émission. Il est amusant de voir que le maquettiste a utilisé une pseudo-dentelure de timbre de feuille au lieu de l'ondulation des timbres de carnet autocollant.

Ce type de document est distribué - gratuitement - pendant les ventes anticipées. La notice a évolué vers ce format plus pratique (c'est toujours du A4 en fait, mais plié en 4) qui comporte le texte explicatif en 4 langues.

En dehors de l'amusante dentelure, le timbre n'est pas celui émis en carnet ! Il s'agit du même dessin - les 2 figurines sont donc issues du même fichier image informatique - que celui utilisé sur la gravure et le document philatélique officiel.

Un billet précédent de ce blog montre les différences entre la Semeuse du carnet et la Semeuse de la gravure.

Ce qui est intéressant ici, c'est qu'un des critères (le fait que dans la gravure les lignes horizontales au dessus de la ligne d'horizon et en dessous ont une épaisseur assez semblable) n'existe pas ici ! Ce qui montre que ce problème ne vient pas de l'image informatique, mais d'une limitation de la gravure électromécanique (et explique pourquoi la gravure mécanique a été choisie pour cette Semeuse !).

La "morale" de cet article est de montrer que l'étude d'un timbre ne doit pas se limiter aux timbres, mais que les diverses productions accessoires de La Poste donnent aussi des informations intéressantes du point de vue de la fabrication . Ces documents - notice et document philatélique officiel - dont le texte justifie l'émission du timbre sont de toute façon intéressant d'un point de vue documentaire !

05 août 2008

Magritte - Le Retour - gravures

Gravure Magritte/Le retour
Gravure avec variété d'impression :
bande horizontale barrant la vignette.

En 1998, une émission commune entre la France et la Belgique a célébré le peintre belge René Magritte.

Le timbre français a connu une belle carrière, qui n'est peut-être pas terminée, en particulier sur les PAP : du timbre avec prix en francs, mention du pays "République Française" ou de l'imprimerie ITVF, on est passé par de nombreuses étapes (dont faciale mixte puis faciale en euro) avant d'aboutir à la dernière version en date en TVP/FRANCE/Phil@poste.

Le sujet n'est pas énorme, mais comme beaucoup de série ayant eu une période de vente longue (une dizaine d'années quand même), il est intéressant !

C'est un de mes sujets de collection, j'étais donc content de trouver cette belle variété d'impression sur une gravure, d'autant plus que c'est la première variété de ce type que je vois sur une gravure.

18 août 2011

Épreuve d'état de la Cérès de Barre

Pour le plaisir des yeux (envoyé par un lecteur), une épreuve d'état de la Cérès de Barre, premier timbre français. On parle d'épreuve "d'état" quand la gravure n'est pas terminée.

L'Adresse Musée de La Poste a également une épreuve similaire achetée en 1993 ; elle est signée RC/J-F B, à priori la signature des experts Roger Calves et Jean-François Brun pour les expertises gratuites pour le Musée.Voilà ce qui est écrit dans la fiche de la base de donnée de l'Adresse :
Epreuve d'état, de Jacques Jean Barre, de la Cérès de 1849 (ou de 1871/1872).
A remarquer les commissures des lèvres et le B (signature de Barre) comme dans les timbres Présidence. Cette épreuve d'état apporte des éléments d'information sur la gravure du poinçon et les retouches effectuées. La signature B fut supprimée lors du transfert.
Il s'agit de la première gravure et doit dater de septembre 1848?
Un agrandissement par 6 sur film transparent superposé à une Cérès du meilleur tirage permet d'expliquer certaines tailles disparues sur le timbre émis : mouvement et longueur des mèches, sourcils très dégagés, oreille, épis de blé...et de montrer les pertes de détails que le transfert a causé, de même le dépôt électrolytique ainsi que le mauvais encrage.
Certaines mèches, qui semblent épaisses et courtes, ne sont en fait que des doubles traits bouchés. Idem pour l'intérieur de l'oreille par exemple.
On notera, à l'origine, les mèches de cheveux derrière le cou (en perspective devant le cou) et la signature B qui furent supprimées sur le transfert (qui occasionna une déformation). Il existe une autre épreuve chez Cortot.
Je ne constate pas le petit B de Barre sur l'épreuve plus haut, on la distingue à peine sur le scan de l'Adresse (c'est dommage de scanner si petit ce genre de pièces, d'ailleurs le texte évoque un grossissement 6 pour pouvoir apprécier les différences avec la version finale).

"Il existe une autre épreuve chez Cortot" évoque sans doute  la Cérès de Mazelin gravée par Cortot, il existe donc sans doute des épreuves d'état également sur cette gravure à ne pas confondre avec celle de Barre.

08 avril 2007

Papier des timbres commémoratifs en taille-douce

Depuis le milieu des années 1980, on a assisté à la généralisation pour les timbres commémoratifs en taille-douce de l'utilisation de papiers "couchés" : la surface lisse et traitée de ces papiers permet aux tailles de s'imprimer nettement, sans la diffusion par capillarité de l'encre sur les bords des tailles.

Vous pouvez cliquer - comme toujours - sur timbres présentés : vous obtiendrais ainsi une version agrandie permettant de voir toute la finesse de la gravure en taille-douce.

Timbre de Jacque Rueff, un des promoteurs
du nouveau franc : la reproduction d'une pièce de
1 franc est malheureusement du mauvais côté
(sans la Semeuse !).
Ce timbre utilise un papier standard, c'est un des
derniers timbres à le faire.
Ce 2,20 "Statue de la Liberté" de 1986
est le premier (et seul ?) commémoratif
à utiliser un papier couché de très bonne qualité :
ce papier a été testé sur le 2,20 Liberté de Gandon
au type II : il s'agit d'un papier couché polyvalent
de Harisson & Sons.
Ce timbre "Coutellerie d'Art - Thiers" est l'un
des premiers à utiliser un papier couché.
La gravure du Patrick Lubin
- dans un style gravure sur bois - est remarquable.

La plus belle des Marianne de Luquet : gravure
en taille-douce traditionnelle (par report mécanique)
sur du papier couché.
Détail des timbres montrant le phénomène
de capillarité sur le premier détail.

Il existe vraisemblablement un certain nombre de papiers différents utilisés, personne n'a fait d'étude sur le sujet : on ne connaît pas de timbres commémoratif imprimés sur 2 papiers différents (c'est peut-être parce que personne n'a cherché !). L'imprimerie ne communique pas ces informations (elle communique peu en fait sur les questions techniques).

À titre personnel, j'apprécie de voir toute la finesse des tailles à la loupe, l'utilisation de ces papiers couchés me semble donc être un progrès : un bémol, l'aspect parfois "clinique" du résultat.

Je constate que tous les timbres en taille-douce n'utilisent pas ces papiers. Il est possible que l'utilisation d'un papier normal soit voulue pour des raisons artistiques : il existe une technique en taille-douce, la pointe sèche, où les bardes autour des traits sont recherchés pour le velouté obtenu à l'impression.

Art du Timbre Gravé

26 mai 2020

Bloc la Gravure d'après Decaris


Très joli - mais le prix est élevé à 24 euros - bloc de 6 timbres avec une illustration en taille-douce en bas à droite, dessinée et gravée par Elsa Catelin dans le style du timbre d'Albert Decaris.

Le timbre est repris d'un timbre de 1984 de Decaris, au style reconnaissable !

On notera le rendu - sur papier couché - plus net pour le timbre de 2020 (à vérifier sur le timbre émis).

Il s'agit probablement d'une des émissions prévue pour le Salon Paris Philex 2020, annulé pour cause de covid-19.

L'installation de l'imprimerie à Boulazac près de Périgueux date de 1970, on fête cette année le cinquantenaire.

L'impression en taille-douce est un mode d'impression rare en France et dans le monde. Technique d'impression de choix des billets de banque, les administrations et opérateurs postaux qui font appel à cette technique ne sont pas nombreuses non plus !
Le gravure d'Elsa Catelin reprend le timbre sous un autre angle, on voit les différents outils utilisés, dont la loupe binoculaire, des burins, des loupes, une vue du timbre à l'envers, et un outil mystère.

Une pince avec un système de vis dont j'ignore l'utilité ! J'ai demandé sur twitter !




Le bloc a été tiré à 40 000 exemplaires, il ne devrait pas faire partie des réservations.

Il sera disponible à partir du vendredi 26 juin au Carré d'Encre à Paris ou par correspondance à Phil@poste Service Clients Z.I Avenue Benoît Frachon, BP 10106 Boulazac, 24051 PÉRIGUEUX CEDEX 09, par téléphone au 05 53 03 17 44 et par mail savphila.philaposte@laposte.fr.


Edit : On m'a répondu sur ce blog et sur twitter : c'est un étau à main. Ça semble utile en bijouterie pour tenir un petit objet fermement, pour graver un poinçon de timbre je n'en vois pas l'utilité.

25 mai 2011

Après la GEM, la GGE, bientôt la GAL !

Après la Gravure Électromécanique (GEM), la Gravure Galvanique par Électrolyse (GGE), bientôt nous devrions avoir des timbres en Gravure Au Laser (GAL), qui devrait résoudre le principal problème des 2 techniques précédentes avec une profondeur des tailles plus importante (mais toujours pas de variation de la profondeur de taille ?).

En tout cas, c'est ce qui est écrit -entre autres - dans cet article de l'Usine Nouvelle :

La Poste a prévu une enveloppe de 16 millions d'euros, pour s'équiper d'un système de reproduction par laser de la gravure sur un cylindre en cuivre afin d'obtenir davantage de profondeur sans élargir le trait (...)
À suivre dans les prochaines années !

En attendant, Olivier a quelques pages fort intéressantes sur les procédés actuels (lien direct).

30 juin 2008

Cartes souvenir Marianne de Beaujard

Carte postal éditée par La Poste,
fournie dans le dernier Phil'Info,
mais aussi comme lot
de certaines activités au Salon ;
Timbre TVP rouge de feuille
oblitéré du cachet FDC.
Détail de la gravure du cou :
points entre les tailles.
Détail : TVP oblitéré sur la carte.
Oblitération FDC très pale.

J'ai sacrifié au Salon à la tradition des souvenirs philatéliques (la carte reproduisant le timbre, il ne s'agit pas de cartes maximums).

Cette carte postale a un intérêt, celui de montrer en grand la Marianne de Beaujard.

On peut penser que le cliché utilisé pour cette carte postale est le même que celui utilisé pour la gravure numérique taille-douce. Le timbre utilisé est issu de la TD205 (TD6-5), le résultat est différent de la carte, mais le procédé de gravure électromécanique a tendance à élargir les traits du dessin d'origine.

Une particularité de la gravure d'Yves Beaujard est l'inclusion de points entre les tailles entrecroisées sur le visage, de manière à le rendre plus foncé. Je n'avais jamais vu cette technique utilisée jusqu'à présent. Ce détail est important, ces points ne sont pas visibles (ou présent ?) sur d'autres présentations (feuillet pré-personnalisé, PAP), indiquant que des poinçons virtuels spécifiques ont sans doute été réalisés.

La seconde carte est mal oblitérée, en fait il s'agissait de ma première carte oblitérée au Salon : le postier disposait de 2 encriers, l'un à séchage lent, l'autre pour séchage rapide. Logiquement, le papier de la carte étant glacé (pas autant qu'une carte postale usuelle), c'était une bonne idée pour éviter les bavures, mais le résultat n'était pas celui escompté !

21 mai 2006

Gravures et épreuves

Les gravures sont des souvenirs vendus par la poste depuis 1995 (d'abord 10 francs, puis 2 euros).

Il s'agit d'empreintes en taille-douce de la plupart des timbres émis, y compris ceux faisant appel à d'autres procédés (pour lesquels un poinçon taille-douce spécial était spécialement réalisé, maintenant tout ou presque se fait par informatique en GAO).

Ce qui a reçu peu d'attention, c'est que les procédés mixtes (taille-douce/offset, taille-douce directe/indirecte ou taille-douce/typographie) ont le plus souvent aussi nécessité la réalisation d'un poinçon spécifique. Le plus souvent une copie du poinçon original de la taille-douce directe sert au départ :
- il faut aplanir les surfaces et recreuser les tailles, la molette en acier durci se reporte mal sur l'acier doux, alors que la copie sur du cuivre pour les cylindres d'impression est très bonne.
- les parties manquantes (ayant fait l'objet de l'impression offset, typographique ou taille-douce report) sont ajoutées.

Impression taille-douce/taille-douce report
Epreuve d'atelier signée Béquet, il s'agit d'une empreinte du poinçon servant à l'impression report (l'image imprimée ici est inversée, à l'impression il y a un cylindre intermédiaire que permet d'avoir un résultat... à l'endroit !). On note les traits de repère réalisés par le graveur comme guides.
Epreuve d'atelier de la taille-douce directe.
Epreuve d'atelier du poinçon destiné à la gravure, le dessin est un mixte des 2 précédents.
Gravure du timbre Orléans de 1995. Exceptionnellement (mais il y en a d'autres) c'est le poinçon normal de la taille-douce directe qui a été utilisé sans retouche pour ajouter le fond de la taille-douce report.

Taille-douce/OffsetTimbre sur le Château de Plessis-Bourré émis en 1997.
Epreuve d'atelier du poinçon taille-douce. On voit parfois ce type d'épreuve vendu pour une "épreuve d'état" tant il semble qu'il n'est pas terminé. Mais en fait le reste de l'impression est en offset.Epreuve d'atelier du poinçon destiné à la gravure.

Taille-douce/Taille-douce report/TypographieIl s'agit à ma connaissance du seul timbre qui comprend ces trois modes d'impression : taille-douce, taille-douce report et typographie à plat. Je n'ai pas les détails de l'histoire, mais ce timbre consacré à la civilisation des Arawaks a sans doute du poser problème du point de vue diplomatique (ce peuple est plus étendu que les seules possessions française, il y avait eu un problème similaire sur un timbre Polynésien qui avait du être retiré). Bref, je ne doute pas de pouvoir bientôt compléter cet article par les contribution des lecteurs :-) Toujours est-il que la mention "ILE DE SAINT MARTIN" a été rajouté en typographie à plat.La gravure est entièrement en taille-douce. La copie n'a pas été modifiée pour ajouter le fond rendu par la taille-douce indirecte, mais la mention ILE DE SAINT MARIN a été gravée.

Mise à jour : il est mentionné dans Timbroscopie et Le Patrimoine du Timbre Français que la surcharge est en offset. J'ai quelque doutes, mais bon. A noter cependant qu'il existe des timbres (mais non métropolitains) en taille-douce/taille-douce report/typographie, c'est le cas notemment du 2,20 Liberté Philexfrance 1989 de Saint-Pierre et Miquelon.

Les épreuves sont issues de DieProofs.it (à visiter absolument, il y a une version anglaise).