15 novembre 2005
14 novembre 2005
Le bloc coupe Gordon Bennett

Ce bloc-feuillet d'un timbre, de la même catégorie que le fameux bloc Rouge-Gorge, fait actuellement l'objet d'une spéculation. Vendu 3 euros par le service philatélique de La Poste, il est depuis quelques temps épuisé. Une information parue dans Timbre Magazine donne un tirage de 55000, à comparer aux 50000 exemplaires du Rouge-gorge. Il se vend actuellement sur les sites d'enchères entre 30 et 50 euros alors qu'il ne partait pas à 5 euro fin octobre.
Cela amène plusieurs réflexions...
Tout d'abord le prix du bloc a commencé à décoller précisément après la publication de l'information sur le tirage. Il est curieux de voir que les collectionneurs ne se sont vraiment intéressés à ce bloc qu'à partir du moment où sa relative rareté a été mise en avant, et donc que la spéculation semble être la motivation de beaucoup d'acheteurs (ou tout au moins la prise de conscience que s'ils n'achètent pas immédiatement, il y a un risque de devoir le payer plus cher après !).
Vu les prix atteints pas le bloc Rouge-gorge (il se vend actuellement dans les 80 euros sur les sites d'enchère, alors que son prix est monté à 150 euros, mais il est couramment offert à 120 ou 150 euros en magasin), on peut penser au vu de son tirage que le bloc Gordon Bennett a une valeur similaire.
Attention cependant à ne pas tomber dans les pièges de la spéculation : il est trop tard pour faire la bonne affaire, et le soufflet risque de retomber vite comme il l'a fait pour le carnet Luquet/Semeuse ou le carnet personnage célèbre de 1985 (qui après avoir monté jusqu'à une centaine d'euro, ne vaux actuellement que 10 à 15 euros). Comme le Rouge-gorge, il semble que des gens bien informés (comment ?) ait fait des stocks qu'ils vont écouler rapidement sur le marché. Il y a fort à parier qu'à des prix entre 50 et 100 euros, la demande sera moindre que les stocks qui existent sur le marché. De plus, un retirage est encore possible ! On se souvient des Chanel autocollants, qui après avoir été proposé à plus de 800 euros la paire ne trouvent plus preneur même s'ils viennent effectivement du premier tirage.
Ensuite, on peut se demander pourquoi La Poste n'a tiré que 55000 exemplaires de ce bloc, alors que le tirage similaire du bloc Rouge-gorge avait été épuisé et provoqué une levée de bouclier d'une grande partie des philatélistes. A moins de penser que La Poste a volontairement fait un faible tirage pour relancer l'intérêt sur ses productions, on peut penser qu'il s'agissait simplement d'adapter le tirage aux ventes des précédents blocs (comme le bloc Meilleurs Voeux 2005).
Ce qui signifie que les ventes des précédents blocs n'étaient pas bonnes, et qu'ils sont peut-être aussi peu courant que les blocs spéculés.
Mais alors pourquoi une spéculation sur ce bloc ? Comment a-t-elle été organisée ?
Car il est possible que la pénurie actuelle soit organisée ! En effet, si le chiffre de tirage était connu de certaines personnes, celles-ci ont pu risquer à plusieurs quelques milliers d'euros chacun (il "suffit" après tout de 30 000 euros pour obtenir 1/5 du tirage), et provoquer ainsi l'épuisement de la production de la Poste. Une brève dans les journaux philatéliques (indiquant le tirage et le fait que le produit n'est plus disponible), et le mouvement est lancé !
Libellés : humeur
13 novembre 2005
PAP distribue par les buralistes
Je suis à la recherche de toute information sur ce PAP "Les buralistes de la Vienne, un réseau de proximité à votre service".
Avec la baisse de la consommation de tabac, les buralistes sont à la recherche de nouvelles sources de revenu : vendre des timbres est déjà une obligation, mais le pourcentage versé est de seulement 2% et ne rémunère pas l'acte de vente. D'où sans doute l'idée de vendre des PAP, ce qui est déjà un moyen pour la Poste de vendre plus cher le timbre (le prix de l'enveloppe est élevé !), a été adopté par les buralistes. Quel est ce prix ? Existe-t-il des conditionnements spécifiques comme c'est le cas pour les supermarchés où les PAP sont vendus - plus chers - par 15 ? D'autres buralistes ont-ils fait la même opération ?
Cette opération fait écho au buraliste de Longuyon qui en 2004 avait décidé de vendre 10 centimes plus cher les timbres-poste, il avait du revenir en arrière.
France Info, rémunération des buralistes
L'Hummanité, brève sur l'augmentation de 10c des timbres
Libellés : PAP
12 novembre 2005
Une épreuve d'art
gravure de Jean Pheuplin
La surprise vient de l'épreuve de ce timbre : seul le portrait est imprimé, il s'agirait donc d'une épreuve d'état (donc une épreuve du poinçon non terminé). Mais en fait, la totalité du timbre semble gravée car on distingue en impression à sec les autres parties du timbre, d'ailleurs le haut de la faciale et de Widal est (très) partiellement encré !
Donc il ne s'agit pas d'une épreuve d'état, mais d'une véritable épreuve d'art où le graveur a souhaité restituer uniquement le portrait en masquant ce qui faisait partie du timbre !
Le cas n'est sans doute pas unique.
Libellés : épreuve
Des CTO en France
CTO est un sigle qui désigne les timbres "Canceled to order", les timbres vendus oblitérés par la poste, généralement avec un rabais sur la valeur faciale. Cette pratique a commencé pour écouler des stocks d'invendus auprès des philatélistes, elle est devenue industrielle dans certains pays où l'oblitération est imprimée en même temps que le timbre.
La France s'est tenue à l'écart de cette pratique peu appréciée des philatélistes, sauf à une occasion : le premier numéro de Timbroloisir. Ce magazine aujourd'hui disparu (il a fusionné avec Timbroscopie et le Monde des Philatélistes pour former Timbres Magazine) proposait à l'origine une pochette de timbres livrée avec le magazine. Il s'agissait de timbres français avec une particularité remarquable : ils étaient gommés et oblitérés avec un cachet "Imprimerie des timbres-poste - Périgueux" particulièrement net d'octobre 1988 (signe qu'ils ont été oblitérés avec une machine, sans doute celle qui sert pour les Documents Philatéliques Officiels).
Sans connaître les détails de la transaction, l'éditeur a sans doute bénéficié d'un prix réduit pour plus de 50 000 séries (à la louche, cela devait être le tirage de lancement du magazine).
Ces timbres ne sont pas rares, l'intérêt des CTO est généralement faible, mais comme il s'agit à ma connaissance d'un cas unique en France, ces timbres ont une place particulière dans la philatélie française : des timbres normalement oblitérés et avec gomme !
Libellés : article
11 novembre 2005
Affranchissement selon la taille
La Royal Mail du Royaume Unis prévoit d'instaurer un tarif que ne dépend plus seulement du poids et de la destination, mais aussi de la taille de l'envoi : le "Pricing in Proportion".
La poste anglaise a fait le constat que les grandes lettres constituaient une faible portion du total, mais entraînait un traitement particulier que ce soit à l'oblitération (souvent manuelle), au traitement automatisé (où elles ne passent pas), et à la distribution (où elles prennent plus de place). Elle a donc décidé de pénaliser ces grand formats, pour une épaisseur maximum de 2,5 centimètres prévue pour les CD et DVD puissent bénéficier du tarif lettre.
- jusqu'au demi-A4, prix normal
- jusqu'au A4, prix supérieur
- plus grand, tarif des colis
La mesure s'accompagne d'un nombre d'échelons de poids moins importants, les lettres simples peuvent aller jusqu'à 100g.
En France, j'ai lu des témoignages que le tarif lettre est souvent refusé pour des envois d'objets plats au tarif lettre (plus avantageux quand le poids est faible). La définition de ce qui peux voyager au tarif lettre n'est pas claire, on peut penser que des précisions officielles à la destination du grand public viendront à terme (l'envoi d'objet dans des lettres pose des problèmes aux machines qui traitent ces lettres, de même que le passage dans ces machines a tendance à provoquer de la casse).
http://www.royalmail.com/ Princing in Proportion
Philatelie & Numismatique
La numismatique (collection des pièces de monnaies, des billets et des médailles) est sans doute la première - au sens chronologique - collection : les monnaies existent depuis des millénaires là où les timbres ne sont présents que depuis moins de deux centenaires. C'est donc une collection qui a atteint une certaine maturité. La lecture du Bulletin Numismatique (inscription gratuite sur http://www.cgb.fr/bn/inscription_bn.html) est instructive pour le philatéliste car les problématiques sont souvent les mêmes qu'en philatélie, et peut apporter un autre point de vue. Je vais citer ici le dernier bulletin (N°15 de novembre 2005).
La sortie du FRANC VI nous a permis d'utiliser des FRANC V invendus et nous avons offert 150 exemplaires à l'Académie de Poitiers pour distribuer aux bibliothèques des collèges et lycées : une nouvelle approche de l'Histoire de France !
L'éditeur du BN édite aussi des catalogues. Il faut noter que ces catalogues ont supplanté les catalogues, comme quoi la venue d'un nouvel entrant peut être un succès total. Cette action visant à rendre plus facile l'accès à la numismatique doit être saluée, et pourrait donner des idées à nos éditeurs !
La mise en vente en VSO représente des coûts fixes de l'ordre de 40 euros par pièce tout compris. Vendre une pièce de moins de 200 euros (20% de 200 euros font 40 euros) représente une perte sèche qui doit être compensée par la présence dans le dépôt d'autres monnaies de valeurs largement supérieures.
C'est la première fois que je vois les coûts engendrés par un catalogue de Vente Sur Offre (on utilise plus volontiers le sigle VO en philatélie). Il est possible que ce catalogue ait un prix de revient nettement supérieur à la moyenne des catalogues de VO, notamment si chaque pièce est photographiée (étant donné qu'une pièce n'est pas plate, il faut sans doute la photographier avec un éclairage adéquat, et non pas la scanner) et reproduite. Mais ça donne quand même une idée de ce que coûte un catalogue de Vente sur Offre ! Et tout l'intérêt des ventes aux enchères sur le net, où les coûts de mise en vente sont nettement plus réduits (et logiquement le pourcentage que prend le site est loin des 20% !). A noter également que lors de la publication des résulats des VO, le nombre d'enchérisseurs et l'enchère maximale sont données, ce qui est instructif même si en temps qu'acheteur je ne serais pas sûr d'apprécier !
La vraie réponse est : n'achetez jamais des monnaies banales en état banal, que tout le monde a déjà en collection, sauf à vil prix. N'achetez jamais de monnaies sans intérêt, en particulier, pour simplement boucher un trou.
Ce qui est vrai pour la numismatique l'est aussi pour la philatélie : quand on dépense du "vrai argent" (pour reprendre une expression anglaise, "real money"), ce doit être pour des documents rares et - dans la limite de ce qui existe - en très bon état ! La notion d'état est très importante en numismatique, une pièce FDC (Fleur de Coin) doit non seulement ne pas porter la moindre trace de coup (même à la loupe) ni même de manipulation, mais doit avoir été particulièrement bien frappée à l'aide d'une matrice neuve qui restitue tous les reliefs. L'équivalent en philatélie serait de donner une plus value encore plus importante à un timbre centré parfaitement, mais aussi particulièrement bien imprimé et de couleurs vives (et sans charnière je suppose). L'exigence de qualité fait qu'en pratique il est actuellement quasiment impossible de trouver dans des rouleaux neufs une pièce FDC, dans les conditions normales de fabrication les chocs sont la norme, ce qui fait que seules les pièces vendues en coffret FDC (avec un surcoût) par la Monnaie de Paris sont susceptibles de répondre aux critères stricts de qualité.
La notion de qualité est normée en numismatique, il existe différents niveaux : B, TB, TTB, SUP, FDC avec des niveaux intermédiaires signifiés par les nombres. Des certificats peuvent être délivrés. Pour avoir l'équivalent en philatélie, il faudrait un grand nombre de colonnes, par exemple pour les neufs sans charnières :
- B (Beau) : timbre décentré ou présentant des dents courtes ou un défaut de gomme
- TB (Très Beau) : timbre décentré, dentelure sans dents courtes
- TTB (Très Très Beau) : centrage moyen à bon, impression standard
- SUP (Superbe) : très bon centrage, impression et couleurs de très bonnes qualités
- FDC (Fleur De Coin) : centrage parfait, aucun défaut d'impression et couleurs fraîches
Cela ne concerne que les classiques me direz vous ! C'est pourtant aussi le cas pour les semi-modernes, mais c'est vrai qu'il n'y a guère de plus value pour les timbres plus récents ou moins rares. Profitez en pour choisir vos exemplaires : très bon centrage, dentelure parfaite (rejeter le timbre si une dent est un peu courte), et timbre frais (couleurs et papier) et très bonne impression (rejeter les petits manques d'encrage, les couleurs pas tout à fait alignées). Un bémol : si la pièce est intéressante au delà de son aspect (par exemple une lettre ou une variété), ou si elle n'existe pas en qualité exceptionnelle, rester réalistes ! D'ailleurs l'éditeur du Franc s'est lancé dans un travail de recensement pour déterminer les meilleures qualités existantes pour les pièces (La Collection Idéale), et ainsi ne plus coter des pièces quand ces dernières n'existent tout simplement pas dans les meilleures qualités (au lieu de systématiquement coter les pièces en FDC par exemple).
(...) le cas des commémoratives non circulantes en francs, retirées faute de place du FRANC VI...
En plus des monnaies "d'usage courant", sont émises (0, 1 ou 2 par an en général) des monnaies commémoratives à leur valeur d'usage, mais aussi des monnaies ayant cours légal mais vendues à des prix bien supérieurs à cette valeur, que les numismates appellent monnaies "non-circulantes". L'inflation des émissions de ces monnaies souvent d'un intérêt artistique ou technique indiscutable a lassé les éditeurs qui vont jusqu'au retrait (ou l'absence d'illustrations pour le Gadoury) de ces pièces de leurs catalogues ! Si la situation des monnaies commémoratives non-circulantes n'est pas tout à fait similaire à celle des timbres commémoratifs, elle est proche et même parfois identique dans le cas de certaines présentations spéciales que la Poste vend à un prix bien supérieur - sans atteindre le niveau de la Monnaie de Paris - au pouvoir d'affranchissement : citons le bloc Rouge-Gorge et ses successeurs, les carnets de voyage, ... Alors que "l'affaire du Rouge-Gorge" a pu être présentée comme une bonne chose pour la philatélie (au motif qu'elle relançait l'intérêt pour les nouveautés), en numismatique les collectionneurs ont préféré jeter l'éponge, mouvement compris par les éditeurs de catalogue qui accompagnent plus qu'ils ne précèdent la tendance. Un parallèle peut être fait entre les clients de commémoratives non-circulantes de la Monnaie de Paris et les abonnés aux nouveautés des timbres-poste : ce sont souvent des particuliers mal informés qui pensent faire un investissement sans risque, or dans les deux cas ils auront des difficultés à simplement récupérer l'argent dépensé (sans parler de l'inflation).
Cette intérêt quasi-exclusif pour les pièces circulantes me satisfait quelque part, je défends en effet le timbre-poste d'usage courant et toutes ses variantes et fautées (en philatélie, on dirait présentations et variétés), à mon avis bien plus intéressantes que les émissions faites pour les philatélistes. Et c'est comme cela que pratiquent les numismates !
Je ne sais pas à quel point cette revue gratuite (et le négociant-éditeur qui l'édite) est représentative de la numismatique en général, mais il faut saluer la démarche en tout cas :
- promotion à travers des dons de livres et la mise en place de sites Web ;
- rigueur dans la description de la qualité ;
- rigueur également dans la rédaction des catalogues avec la volonté de remise à plat au lieu de se contenter de copier son catalogue ou le catalogue des confrères ;
- la mise en avant sans langue de bois des problèmes (que ce soit la politique d'émission de la Monnaie de Paris, les pièges à éviter lors des achats, ...).
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